LIONEL TRAN

LIonel Tran | Collège Maurice Sceve | © Octo Kunst

Lionel Tran | Collège Maurice Sceve | © Octo Kunst

Lionel Tran est un outsider.
Il a été journaliste alternatif, scénariste de ce qu’on a appelé le mouvement de bandes dessinées indépendantes. Après avoir travaillé en imprimerie et été agent d’entretien d’immeuble pendant seize ans, il anime aujourd’hui des ateliers d’écriture.
Il a été membre fondateur de la maison d’édition Terrenoire. Il a publié deux romans, « Sida Mental » (Ego Comme X, 2006) et « No Présent » (Stock, 2012), deux livres d’aphorismes (« Le livre des mensonges véridiques ») ainsi qu’une novela (« La Cage »).
Il vit à Lyon.

_______________________________________________________________________________

INTERVIEW DE LIONEL TRAN
parue dans L’Incontournable Magazine n° 5

_______________________________________________________________________________

Pouvez-­vous vous présenter ?
Depuis 1991, j’ai été scénariste de bande dessinée, micro éditeur au sein de Terrenoire éditions, et je suis auteur (mon 1er retentissement en Espagne, mon second livre est sorti aux éditions Stock en septembre 2012.) Je gagne ma vie en animant des ateliers d’écriture et en étant formateur dans le cadre d’un diplôme universitaire, La formation initiale de l’auteur, qui vient de se créer à l’université de Poitiers.

Quels sont les aspects de la ville dans lesquels vous vous reconnaissez et ceux dans lesquels vous ne vous reconnaissez pas ?
La question « qu’est-ce que l’âme lyonnaise ? » me travaille depuis longtemps. Ce qui est étonnant c’est qu’elle semble peu se poser aux Lyonnais. Tous mes livres parlent de Lyon, sont situés à Lyon, qu’ils restituent de l’intérieur, comme un état d’être.
Pour moi, Lyon est un marécage et soit on y passe rapidement, en sentant qu’il y a quelque chose d’oppressant (sans parvenir à se l’expliquer), soit on s’y arrête et on se fait progressivement ensevelir… J’aime la dimension mortifère de Lyon, c’est une ville dure, sur le plan émotionnel, une ville de solitude et d’introspection (Lyon telle qu’elle apparaît dans les livres de Jean Reverzy , où les protagonistes y sont relégués, où y viennent pour se laisser mourir). Je n’aime pas son côté putassier, « grande ville internationale »…

Comment expliquez-­vous la mutation de la ville ces quinze dernières années ?
Cela a commencé avec les grands travaux lancés sous Michel Noir, qui était mis en scène par TF1 comme le futur président de la république, le « Kennedy français », et cela s’est poursuivit par l’inscription de Lyon au patrimoine mondial de l’Unesco par l’adjoint à la culture Denis Troux, qui avait été publicitaire. Le point culminant est la fête des lumières, un rituel local devenu une vitrine creuse qui draine des millions de touristes.

Pensez­-vous que le phénomène soit lyonno-­lyonnais ?
Non, c’est le même phénomène de gentrification et de muséification des centres ville que l’on voit dans énormément de villes, qui en voulant présenter un visage plus accueillant, effacent leur singularité.

Pouvez­-vous présenter votre nouvelle ?
Il s’agira d’un récit horrifique, situé sur le pâtée de maisons de la Croix Rousse où j’habite depuis plus de 30 ans. L’objectif que je me suis fixé est de faire peur au lecteur.