JULIEN BESSE

Julien Besse | Jardin des Chartreux, Lyon 1er | © Octo Kunst

Julien Besse | Jardin des Chartreux, Lyon 1er | © Octo Kunst

Julien Besse est né en 1980 à Lyon. Tour à tour traducteur, organisateur de concerts et rédacteur de fanzines, il publie dans les années 2000 dix numéros du périodique Heartbeat, où chroniques musicales côtoient questionnements urbains et récits de voyages.
Après avoir lancé en 2010 le journal Freak Out!, il travaille aujourd’hui à des nouvelles, ainsi qu’à son premier roman.

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INTERVIEW DE JULIEN BESSE
parue dans L’Incontournable Magazine n° 6

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Pouvez-­vous vous présenter ?
Julien Besse, bientôt 34 ans. J’ai commencé à écrire par le biais de fanzines publiés plus ou moins régulièrement ces dix dernières années et qui parlaient de musique marginale, d’errances urbaine et de voyages. Je me suis mis à écrire de la fiction il y a un an et demi. Je fais aussi un peu de traduction et d’autres bricoles en rapport avec l’édition.

Quels sont les aspects de la ville dans lesquels vous vous reconnaissez et ceux dans lesquels vous ne vous reconnaissez pas ?
La féerie événementielle et son occupation toujours plus encombrante de l’espace public atteignent des proportions franchement pénibles, tout comme le mythe publicitaire de métropole rayonnante dont on gave les Lyonnais­es depuis plusieurs années. Face à cela, il reste heureusement quelques projets nés d’affinités fortes et de la nécessité de créer soi­-même ce que l’on veut voir exister.

Comment expliquez-­vous la mutation de la ville ces quinze dernières années ?
Un paradigme relativement récent au sein de l’économie-monde pousse les villes à entrer en compétition les unes avec les autres comme de vulgaires marques de fabrique. La gentrification, la surenchère d’événements culturels et l’organisation précaire et flexible du travail des « classes créatives » constituent des armes de séduction massive au sein de cette compétition.

Pensez­-vous que le phénomène soit lyonno-­lyonnais ?
Il suffit de se balader dans d’autres métropoles occidentales pour constater que ce phénomène se répète et qu’il répand sur son passage une pétrifiante uniformité. On ressent un peu partout ce désagréable sentiment de même, ce défaut d’expérience réellement singulière. Cela dit, je pense qu’il reste des endroits moins dociles que Lyon où la sauce a beaucoup plus de mal à prendre.

Pouvez­-vous présenter votre nouvelle ?
Le terme qui a retenu mon attention dans le projet RESET est celui de « dépossession ». C’est donc ce que j’ai essayé de traiter, à une toute petite échelle et avec des thématiques qui me sont propres.