ALEXANDRE SIMON

Alexandre Simon est né en 1982. Adolescent, il commence à publier des fanzines, dans lesquels il se met progressivement en scène ; cette expérience l’amène à peaufiner la forme, jusqu’à explorer la fiction. Il travaille aujourd’hui à un recueil de nouvelles, écrit des colonnes mensuelles pour Maximum Rock’n’roll, et publie ses textes et ceux d’autres auteurs via Ratcharge, hybride entre fanzine et micro maison d’édition.

2006

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INTERVIEW D’ALEXANDRE SIMON

parue dans L’Incontournable Magazine n° 6

| Pouvez-vous vous présenter?
Alexandre Simon, récent trentenaire dont le cœur balance entre intérim, chômage et RSA. J’ai commencé à écrire adolescent, en me mettant en scène dans des fanzines, puis à force de peaufiner la forme, j’en suis venu à explorer la fiction. Ces temps-ci je travaille à des nouvelles, ainsi qu’à l’éternel premier roman. J’écris tous les mois dans Maximum Rock’n’roll, vénérable magazine punk américain, et je publie mes textes et ceux d’autres auteurs via Ratcharge, hybride entre fanzine et micro maison d’édition.

| Quels sont les aspects de la ville dans lesquels vous vous reconnaissez et ceux dans lesquels vous ne vous reconnaissez pas?
J’apprécie une certaine frange de l’underground lyonnais – quelques individus et projets éparses qui donnent à la ville une autre identité, en marge du cirque officiel et de ses concepts « Only Lyon », Nuits Sonores et autres Fêtes des Lumières. On pourrait citer en vrac des lieux (squats éphémères, La Luttine, Grrnd Zero, Le Bal des Ardents, quelques bars de quartiers), des dessinateurs (Ivan Brun, Bertoyas, Julien Dupont), des maisons d’éditions (Terrenoire, Le Feu Sacré, Arbitraire), ou des groupes de musique, trop nombreux pour être cités. Je ne me reconnais pas dans la façon dont la ville donne du fil à retordre à une partie de ce beau monde, notamment en expulsant sans relâche les lieux défendant une culture vraiment hors-normes. Lyon semble se rêver en Paris miniature, ce qui n’augure rien de bon pour la suite.

| Comment expliquez-vous la mutation de la ville c’est 15 dernières années?
Elle s’inscrit dans une démarche globale, avec une volonté de transformer les grandes villes en « marques » afin d’attirer les touristes, tout en renvoyant les plus précaires à la périphérie, dans un but d’agrandissement et de « sécurisation » du centre. D’ici quelques années, j’imagine que la Guillotière sera aussi pacifiée que la Croix Rousse, et que les choses intéressantes se passeront hors des limites actuelles de la ville.

| Pensez-vous que le phénomène soit Lyonno-Lyonnais ?
Je pense que l’on trouve des mécanismes similaires dans la plupart des grands centres urbains d’Occident : une volonté de transformer la ville en hypermarché doublé d’un parc d’attractions, tout en mettant en avant un « capital culturel » soigneusement sélectionné, au détriment des initiatives jugées trop marginales.

| Pouvez-vous présenter votre Nouvelle ?
Une histoire d’isolement, à proximité du vieux cimetière de la Guillotière.